Espérer et attendre.
Espérer quoi ? Tout et rien en même temps. Quelque chose d'autres. Forcément, l'herbe du voisin est toujours plus verte que la notre mais elle est remplie de vers (traduisez qu'elle est dégueulasse). Alors pourquoi toutes ces envies ? Toutes ces attentes ? Toutes ces illusions ? Parce que nous sommes cons. Malgré ce qu'on dit, on ne veut rien entendre. Tant qu'on a pas vu de nos propres yeux, on continuera d'y croire à cette vie meilleure. On avancera, confiant, l'esprit libre et serein ou alors, au contraire, on marchera méfiant, à regarder à chaque pas où l'on pose le pied... Et pourtant, dans les deux cas, vous foncerez dans le mur. A cause de votre confiance qui vous a fait défaut ou qui vous a aveuglé. Méfiant, ne regardant pas en avant, vous vous prendrez le mur en pleine face. Mais rien de bien grave, vous avanciez lentement, le choc est moins violent. Et puis, au fond de vous-même, ce mur, vous saviez qu'il était là mais vous n'avez pas vraiment voulu le contourner. Par peur. Par crainte de se rendre compte que les autres ont raison et que l'herbe voisine est tout sauf bonne et enviable. Confiant, vous vous prendrez le mur de plein fouet et putain, qu'est-ce que ce sera douloureux. Vous tomberez de haut, vous vous maudirez de pas l'avoir vu ce putain de mur. Parce que vous l'aviez vu l'ombre. Ou on avait prévenu. Qu'importe, dans tous les cas, vous aviez les cartes en main. Vous aviez la possibilité.. Mais non. Il en a été autrement. Confiant, trop, vous vous êtes dit que ce mur, quelqu'un le détruirait à votre place. Après tout, pourquoi se salir les mains quand les autres auraient pu le faire ? Sauf que voilà. Ne comptez pas trop sur les autres. Il arrive toujours un moment où l'autre ne comprend pas ce que vous voulez. Ce n'est pas qu'il veut mal faire mais vous n'aviez pas pris le temps de le prévenir et de lui expliquer en détails vos plans : passez ce putain de problème qui vous bouffe. Qui vous prend aux tripes. Qui vous agace et qui vous dévore. Qui vous empeche d'avancer et parfois même, vous fait reculer.. Et vous vous en voulez. Parce qu' après coup, vous vous demandez pourquoi. Juste pourquoi. Pourquoi vous avez choisi de vous casser la gueule ? Pourquoi vous n'avez rien voulu savoir. Puis vient le temps des regrets, contrairement à ce qu'on aurait pu pensé avant d'entreprendre cette périlleuse marche. Au début, c'était juste une balade. Rien de bien important. Et puis en fait, vous vous rendez compte que vous n'êtes pas plus forts que votre voisin. Vous pensez même que vous êtes plus faible que lui et ça vous tue. Surement. Profondement. Mais vous l'aviez bien cherché. Votre voisin, vous l'aviez vu traiter son herbe contre la sale vermine.. Mais vous n'aviez pas voulu le voir. Et maintenant, c'est trop tard...